Fondus de cloches

Comme les cigales en Provence, les sirènes dans les rues de New-York, ou le carillon du Beffroi de Bergues, les alpages Français ou Suisses ne seraient rien sans l'écho permanent des cloches au cou des vaches... Evidemment, on les entend beaucoup plus l'été...

Il n'y a plus que cinq fonderies artisanales de cloches en Suisse, et l'une d'entre elles se trouve à Champéry. A partir d'une vingtaine de moules différents, Jean-Denis Perrin et son fils Hugues, coulent des sonnailles, clarines ou potets, deux fois par mois. Chacune peut être personnalisée avec des motifs (fleurs, tête de cheval, écussons, etc.) et une inscription.

De diverses matières, formes, origines suivant la région de fabrication et les traditions locales (majoritairement des cloches en bronze sur le massif jurassien, sonnailles en acier forgé de divers type dans les Alpes et les Pyrénnées...), elles ont à l'origine plusieurs fonctions très précises : identification et cohésion du troupeau, localisation des bêtes isolées. A Champéry, on travaille principalement le bronze, dont va dépendre le sons de la cloche : plus la cloche est mince, plus le son sera grave.

Chaque année en Suisse, se tient la très sérieuse Fête Fédérale des Sonneurs de Cloches, à l'occasion de laquelle un concours voit s'affronter les meilleurs sonneurs. Leur épreuve est d'une grande originalité pour des musiciens : ils doivent reproduire, le plus fidèlement possible, les sons de la Poya (ou montée des Alpages). En 2011, 150 groupes, soit plus de 3000 sonneurs ont constitué le cortège de cette Fête Fédérale.